Germain Bérubé, Florence Lafon
Propriétaires de la Réserve naturelle du Marais-Kergus CP 748 Amos, QC JT3X3 mercredi, 12 novembre 2008
À Madame Line Beauchamp,
Ministre du Développement durable, de l'environnement et des parcs Édifice Marie-Guyart, 29e étage
675, boulevard René-Lévesque Est
Québec (Québec)
G1R 5V7
Madame la Ministre,
Par cette lettre, nous vous demandons
officiellement de mettre fin à la reconnaissance de notre propriété comme Réserve naturelle du Marais-Kergus pour les raisons suivantes :
- Nous sommes incapables de faire respecter les paragraphes a, b, j et k de l'article 7. Activités prohibées et exclusions de l'entente de conservation
- Il n'y a plus de lien de confiance réciproques entre les 2 parties signataires de l'entente.
Madame la ministre, pour mettre fin à cette situation que nous jugeons inacceptable, nous vous demandons de résilier notre entente de conservation.
En effet depuis notre reconnaissance comme réserve naturelle, nous tentons de préserver l'intégrité de la réserve, de protéger ses milieux humides et
l'écosystème du marais Kergus. Voici les trois problèmes principaux:
1. la circulation de véhicules récréatifs motorisés sur la réserve, dans les plantations, dans le marais et ses alentours 2. l'intrusion du bétail des fermes voisines qui, en l'absence de clôture de leur
pâturage, accèdent à la réserve et particulièrement aux milieux humides et aux cours d'eau 3. la destruction du milieu humide en tête du lac Kergus
Selon la responsabilité que nous confère l'entente de conservation, nous avons:
- installé les pancartes fournies par votre ministère aux principaux points d'accès - demander à la municipalité de La Motte d'informer les citoyens du statut de réserve naturelle de notre propriété et de
l'interdiction d'y circuler. La municipalité ne nous a jamais donné de réponse et s'est montrée opposée à un statut de protection sur son territoire - voir sa lettre du 27 septembre 2003 adressée à Monsieur Pierre Aquin. -
signalé à la police et à vos services, à de nombreuses reprises, les intrusions en véhicules motorisés sur la réserve naturelle, et le vandalisme sur les pancartes. La réponse de vos services nous est venue par un appel téléphonique de
Monsieur Réal Carpentier nous accusant de vouloir empêcher les voisins de pratiquer la motoneige chez eux. - signalé à la municipalité, à vos services et à la police, à de nombreuses reprises, les intrusions du bétail sur la
réserve naturelle. La réponse de vos services nous est venue par un appel téléphonique de Monsieur Réal Carpentier et Monsieur Léopold Gaudreau nous enjoignant de nous taire. - En 2005, nous avons envoyé une mise en demeure au
producteur agricole voisin, de contenir ses animaux hors de la réserve naturelle. Nous vous avons informé de cette mesure et nous vous demandions conseils et aide dans cette démarche. Nous avons eu pour seule réponse un accusé de réception.
- Nous avons donc intenté une action en Cours des Petites Créances, qui a résulté au jugement du 24 février 2006 - référence 605-32-001889-053. Ce jugement a prouvé qu'il manquait 2.8 km de clôture entre les pâturages de M.
Savard et la réserve naturelle, que les animaux de M. Savard accédaient au milieu humide et à la réserve naturelle et qu'ils y causaient des dommages écologiques. En date d'aujourd'hui, cette situation est inchangée. - Depuis
2004, nous avons demandé l'aide de votre ministère pour préserver l'intégrité de la réserve naturelle par 7 lettres adressées au ministre ou sous-ministre les : 14 juins 2004, 6 décembre 2004
2 avril 2005 21 mars 2006 7 mai 2005 23 novembre 2006 18 juillet 2007 Les réponses ont été des accusés de réception, des inspections laxistes sur lesquelles
nous allons revenir, et une lettre de Monsieur Léopold Gaudreau du 7 juillet 2007 nous affirmant que la direction régionale du contrôle lui avait certifié que le problème était réglé : clôture des cours d'eau, des milieux humides et des
pâturages, éloignement des animaux du marais Kergus. Ce qui est faux comme l'ont révélé les témoignages de Monsieur Savard et du personnel du bureau régional devant la cours des petites créances – référence 605-32-002108-073.
Les témoignages dans cette cause en particulier ceux du personnel régional de votre ministère ont montré que Aucun inspecteur, incluant la directrice régionale du contrôle, qui a été sur le terrain, n'a vérifié
la présence de clôtures entre les pâturages et le milieu humide et la réserve Les inspecteurs préviennent l'exploitant avant de faire leur visite
Ne vérifient que l'endroit où se trouvent les animaux au moment de leur visite Ne font pas une inspection appropriée au but de leur visite tel que décrit sur le rapport d'inspection
Ne font pas les suivis recommandés dans les rapports d'inspection Utilisent des cartes erronées N'utilisent pas les critères recommandés et reconnus par votre ministère ni les données disponibles
de votre ministère pour définir les milieux humides et la ligne des hautes eaux La directrice régionale du contrôle ne sait vraisemblablement pas lire une carte Votre ministère a fourni un rapport de
contre-expertise à un civil dans une cause civile, au frais des contribuables, et cet expert a contredit verbalement, en cour, son rapport écrit
Votre ministère n'a pas respecté son devoir de confidentialité et les obligations qui lui incombent en vertu de la Loi sur l'accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements
personnels, en transmettant à 3 reprises, des rapports d'inspection contenant nos coordonnées à titre de plaignant, à Monsieur Savard ce qui lui a permis de déterminer les auteurs des signalements et nous a valu une
condamnation devant la Cour des Petites Créances. Madame la ministre, pour mettre fin à cette situation que nous jugeons inacceptable, nous vous demandons de résilier notre entente de conservation.
En ce qui concerne le lien de confiance entre les signataires de l'entente, il est évident que nous n'avons plus confiance dans l'engagement de votre ministère de
nous aider à protéger la Réserve naturelle du Marais-Kergus. L'État n'a pas respecté sa part de l'entente et a laissé reposer sur nous tous les devoirs et responsabilités de protection de la réserve naturelle.
D'autant plus que la Loi sur les réserves naturelles en milieu privé
(L.R.Q., chapitre R-26.2) qui était en vigueur quand nous avons amorcé l'entente de conservation et qui prévoyait des dispositions pénales à l'article 19, a été remplacée par la Loi sur la conservation du patrimoine naturel
(L.R.Q., chapitre C-61.01) laquelle ne semble plus offrir la même protection, du moins en matière pénale, pour les réserves naturelles. Ajoutons que votre ministère, par la voix de Monsieur Gaudreau nous a fait
clairement entendre à plusieurs reprises, après la signature de l'entente, et en particulier devant la cour, que le ministère n'avait aucune responsabilité dans l'entente de conservation. Nous estimons avoir été dupés car dans notre
lettre de motivation, lors de la demande de reconnaissance, nous spécifiions bien que "nous en attendons également une aide juridique, technique et financière de la part du ministère de l'environnement, pour mettre en place des
mesures de protection et les faire respecter". Or ce point ne nous a jamais été démenti lors de nos démarches. Pour sa part, votre ministère n'a plus confiance en nous - comme preuves: la consigne donnée aux fonctionnaires du
MDDEP à Québec s'occupant des réserves naturelles de ne plus nous parler, et le refus de nous rencontrer que la direction régionale nous a fait savoir par écrit.
En conséquence de ce qui précède, nous vous demandons, Madame la ministre, de mettre fin à l'entente de conservation qui nous lie à votre ministère et qui a donné naissance à la Réserve naturelle du Marais-Kergus.
Veuillez recevoir, Madame la ministre, nos meilleures salutations
mise à jour
juin 2013
Réserve naturelle du Marais-Kergus